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Bouloches Project

Depuis plusieurs années, ma garde-robe devient de plus en plus minimaliste.

J'achète très peu et je fais réparer autant que possible.

2018, l'année où je n'ai pas lancé de service de déboulochage.

En écho à un besoin personnel, il m'a traversé l'esprit de créer un service de déboulochage de vêtements. J'avais une petite intuition sur l'issue, mais j'ai eu envie de mener mon analyse de l'opportunité sérieusement. Il faut dire que je venais de lire Lean Start-Up 😄

J'ai créé :

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J'ai identifié :

  • des personas
  • les risques associés (techniques et financiers)
  • les déclinaisons BtoC et BtoBtoC
  • les éléments de logistique et de facturation
  • les éléments de communication à prévoir
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En parallèle, j'ai mené des tests techniques pour tester l'efficacité des outils à ma disposition et leur variation en fonction du type de textiles.

Et alors ?

Sans grosse surprise, j'ai mis le projet de côté après 3 mois.

  • Marché insuffisant : combien de personnes font déjà réparer leurs chaussures (un bien + onéreux) chez le cordonnier ?
  • Modèle économique incertain : les tests techniques n'ont pas permis d'aboutir à une consistance suffisante en termes d'efficacité.

J'ai aussi réalisé un truc intéressant.

La majorité des témoignages d'utilisateurs de rasoirs à bouloche connaissent un wow effect. C'était tentant de l'attribuer au déboulochage lui-même et d'imaginer en faire un levier.

Mais deux éléments m'ont fait dire que ce wow effect ne pourrait pas être transposé à la logique de service :

  • l'observation du avant / après est spectaculaire si on a les deux versions sous les yeux. L'effet est amoindri en différé ou en photo.
  • le wow effect tient aussi de la surprise / satisfaction d'avoir fait seul.e. C'est une des rares opérations textiles qui ne demandent pas d'apprentissage une fois l'outil en main (Vs le rapiéçage, la couture, le tricot, la broderie, etc.).

2020, Bouloches project le retour.

Alors que je quitte l'étincelle RH avec l'envie d'entreprendre, je décide de reprendre ce projet là où je l'avais laissé trois ans plus tôt. Je ne crois pas davantage à l'idée de lancer un service mais c'est un point de départ pour générer des interactions et itérations vers d'autres pistes.

J'avais identifié l'efficacité des appareils comme point de blocage j'ai donc comparé 7 appareils du marché pour identifier des leviers d'amélioration.

Par exemple :

  • Agrandir les trous de la grille de protection : on perd en sécurité mais un utilisateur prêt à acheter un outil plus efficace et plus cher, un professionnel par exemple, sera probablement prêt à développer un peu de savoir-faire pour compenser.
  • Améliorer le système d'évacuation des bouloches : en optimisant le système d'aspiration et la capacité du réservoir on étend la période d'utilisation entre deux vidages.
  • Systématiser l'alimentation secteur : on maintient la puissance d'utilisation constante et ça permet d'éviter les pauses pour recharger. On gagne aussi en poids et en ergonomie.
  • Mais il y a aussi probablement des idées à trouver autour de la puissance de l'appareil, la configuration des lames, l'ergonomie, le bruit, etc.

À cette occasion, j'ai aussi comparé l'origine de fabrication des appareils et des lames pour avoir une idée des filières existantes sur ce type de matériel.

Scoop : ce n'est pas parce qu'on propose un
Scoop : ce n'est pas parce qu'on propose un étui de luxe que ça augmente l'efficacité d'un gadget 😬

Et c'est seulement là que ça m'a sauté aux yeux :

  • TOUS les appareils sur le marché sont fabriqués en Chine
  • La plupart fonctionnent sur batterie ou à piles
  • La plupart sont vendus avec un seul jeu de lames

Bref, à quoi bon sauver quelques pulls si c'est pour utiliser un gadget électronique qui vient de si loin avec une obsolescence programmée ?

Alors je me suis mise en quête de solutions alternatives et, si possible, low tech.

Le monde merveilleux des internets et des forums chelous m'a apporté quelques pistes.

Pour le reste, j'ai tenté de détourner de leur usage des objets que je possédais déjà :

  • une tondeuse à barbe (youpi il y a une filière de production en Europe, par contre ça ne fonctionne pas 😬)
  • une pierre ponce
  • un gant loofah
  • le côté vert d'une éponge (pas mal)
  • le peigne à poux de mes enfants (celui avec les longues dents en métal, belle surprise !)
  • etc.
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Et alors ? (bis)

Épargnons-nous un suspens intolérable.

Je n'ai pas encore trouvé de truc miracle qui cumulerait durabilité et efficacité sur toutes les matières. Mais je suis désormais convaincue qu'il existe des solutions qui permettent d'éviter de laisser ses vêtements au placard (ou de les jeter) et qui ne nécessitent pas d'investir dans un rasoir à bouloches. Quand je dis investir c'est relatif puisqu'on en trouve à 3,99€ (😱) chez Lidl.

2021, comment je deviens une évangéliste du déboulochage.

Je n'ai pas aujourd'hui l'ambition d'en faire mon business ni mon activité principale. Mais j'ai à cœur de partager mes découvertes pour inciter un maximum de personnes à prolonger la vie de leurs vêtements.

Une première étape est d'ores et déjà en cours, la co-écriture d'un article sur les meilleures techniques de déboulochage à paraître au printemps sur le blog de LOOM 🥰 (la marque de vêtement qui fait Moins mais mieux.)

Autant dire que je suis hyper fière... et très amusée aussi de voir où ce sujet a priori anecdotique peut me mener. 😁